samedi 29 juillet 2017

Avertissement

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Par contre, pour faciliter la lecture, les articles de ce blog sont classés par ordre chronologique.
Pour cela, les dates d'édition ont été modifiées, les articles plus anciens devenant les premiers à la lecture. Ce qui fait que la mention de bas de page "articles plus anciens" renvoie en fait aux articles plus récents, de même pour les archives du blog dans la barre latérale droite.


Introduction générale de Jean-Marie Mengin.

Le GR 7 (Vosges - Pyrénées), que j'ai effectué de 1995 à 2001, et le GR 4 (Méditerranée - Atlantique), que je parcours depuis 2014, traversent l’Ardèche.
D’autres GR sillonnent ce département.

Je vous propose de découvrir  le GR 42 et le GRP Tour du pays de Vernoux, que j’ai parcourus de 2011 à 2015, depuis mon arrivée en Ardèche.
D'autres suivront...


GR 42





GR 42

Corniches de la rive droite du Rhône

(Saint-Etienne - Beaucaire)

-311 km-



Le GR 42 est un sentier de crête, créé dans les années 70 par Philippe Lamour et le Dr Paul Cabouat aidés par des pionniers amoureux de leur département ardéchois.  
Il est progressivement tombé en désuétude et son topoguide n’est plus édité depuis 1987.
Actuellement en cours de réhabilitation, il est prévu qu’il soit prolongé d’environ 50 km depuis Beaucaire jusqu’à Aigues-Mortes, en restant sur la rive droite du Rhône.

Au départ de Saint-Etienne, ce sentier traverse le parc naturel régional du Pilat pour se rapprocher progressivement de la vallée du Rhône. Il suit alors la rive droite du fleuve sur les hauteurs des piémonts du Massif central jusqu’aux collines rhodaniennes et se termine actuellement à Beaucaire. Il tient du Rhône son unité, mais grande est la diversité des paysages qu’il traverse.

Je l’ai parcouru d’octobre 2011 à septembre 2015, épaulé par Viviane que je retrouvais chaque jour à l’étape.


Mercredi 12 octobre 2011 : Saint-Etienne – Le Bessat.

L’origine du GR 42 se situe à Saint-Etienne, dans le département de la Loire, sous le flanc nord du massif du Pilat.
13h40. Quartier de la Métare, où vient de me déposer Viviane. 623 m d’altitude. Belle journée d’automne ensoleillée.
Je commence à grimper sur la côte à travers les dernières résidences du quartier où un chemin forestier prend rapidement le relais. J’atteins une première crête dominant la ville et je pénètre dans le parc naturel régional du Pilat. Entre 700 et 800 mètres d’altitude, glands et châtaignes jonchent le parterre forestier.
Changeant de versant, le sentier  gagne le village perché de Rochetaillée que domine son château féodal. Construit sur un rognon de quartz, le château est une véritable forteresse dont la date exacte de fondation reste inconnue. Le château a toutefois été mentionné pour la première fois en 1173. Sa localisation n'est pas un hasard car le précipice le rendait inaccessible du coté Nord. A l’origine, le bâtiment était composé de quatre tours dont il n'en reste plus que trois aujourd'hui.
Le village se situe sur une ligne de partage des eaux entre deux mers avec deux rivières : le Furan (bassin versant de la Loire) et le Janon (bassin versant du Rhône).
Je fais une halte dans un bistro en face du château pour boire une bière et prendre une photo.



Le sentier va maintenant s’élever progressivement vers les hauts plateaux. A 900 mètres d’altitude, on a encore une dernière belle vue sur Saint-Etienne. Au lieu-dit Le Plateau (1038 m), je longe un enclos où cohabitent des chèvres et deux jeunes lamas (alpagas, me semble t-il).


A 17h10, je parviens à Le Bessat (1164 m), petite station de sports d’hiver et centre de tourisme estival, situé très exactement sur la ligne de partage des eaux Atlantique – Méditerranée (entre église et mairie). C’est  un point de jonction avec le GR 7 (sentier Vosges-Pyrénées).
Je retrouve Viviane qui m’attend avec le Boxer à l’entrée du village. Nous cherchons un endroit où dormir et allons nous installer en forêt, sur le GR. Le soleil disparaît rapidement et le brouillard s’installe, gommant le paysage et nous enveloppant peu à peu.















Jeudi 13 octobre 2011 : Le Bessat – Vanosc.

Au matin, brouillard et humidité ambiante…
Le GR 42 quitte Le Bessat en un trajet commun avec le GR 7 et entre en forêt. Il passe à la croix des Fosses (1276 m) puis atteint 1306 m d’altitude sur le versant ouest d’une hauteur avoisinante. C’est le point le plus haut de son parcours. Bientôt les deux GR se séparent, et le GR 42 poursuit son chemin vers le carrefour de la croix Fayard. Au sortir de la forêt, les nappes de brouillard se délitent par dessus la lande de genêts, laissant apparaître le soleil.
Le sentier s’abaisse peu à peu vers la vallée transversale de la Déôme. A cette altitude, on retrouve châtaignes et glands en grand nombre sur le sentier. La descente se poursuit parmi les prairies et pâtures, au gré de chemins creux et de petites routes.
Je débouche vers midi dans la vallée à Bourg-Argental. Nous nous éloignons vers l’entrée du camping pour manger dans le fourgon.

Par la suite, Viviane me fait sortir de la ville en voiture pour éviter un trajet assez pénible par une départementale fréquentée et dangereuse (parcours que je connais pour l’avoir effectué il y a deux ans sur le GR 65 (sentier de St-Jacques-de-Compostelle), également de passage à Bourg-Argental). Elle me dépose au gîte d’étape de Mounes, là où se séparent les GR. « Attention, ici GR 42 » dit un panneau annonçant que le GR 65, emprunté par la majorité des marcheurs, se poursuit 100 mètres plus bas !
Le GR 42 grimpe maintenant vers le plateau de Burdignes. Un ciel tourmenté  me fait craindre une éventuelle ondée qui ne surviendra pas. Plus haut, des prairies en terrasses où paissent des troupeaux annoncent le hameau agricole de Montchal dominé par les ruines d’une ancienne tour. Par un vieux chemin vers le sud, le GR grimpe vers le carrefour de la Cartara (1040m).
L’horizon se dégage dans la descente avant que je ne replonge en forêt. L’itinéraire atteint le moulin Laure, un charmant lieu-dit sur un ruisseau qui sert de limite entre les départements de la Loire et de l’Ardèche. Le franchissement du ruisseau signifie que je quitte également le parc naturel régional du Pilat.

Du côté ardéchois, le sentier se poursuit en balcon en un paysage ouvert sur les monts du Vivarais dont le soleil d’automne a repris possession. C’est ainsi que j’atteins Vanosc, lové dans le vallon du ruisseau du Malbuisson.
Je ne rencontre pas Viviane qui devait m’attendre devant l’église. Petit coup de fil. Elle stationnait auprès d’une chapelle, croyant qu’il s’agissait de la « petite » église du village.

Nous retournons à Bourg-Argental pour passer la nuit au camping municipal près duquel nous avions mangé à midi.

Vendredi 14 octobre 2011 : Vanosc – Satillieu.

Au sortir de Vanosc, le sentier descend par une bonne route jusqu’au pont des Moulins puis il s’élève sous forêt, franchit une crête à 729 m puis s’abaisse jusqu’à Vocance, dans la vallée de la Cance.
Petite halte au bistro du village. Sur les murs de la salle, des photos à foison de comédiens et chanteurs : Brel, Ferré, Ferrat, Gainsbourg, Lino Ventura et autres amis de Georges Brassens… Du beau monde !
Sur la rive droite de la Cance, le GR grimpe au flanc du vallon. Raide montée dans la rocaille jusqu’à Boiray.

Nous mangeons dans le fourgon sur une place de parking de ce hameau rénové essentiellement en résidences secondaires. Après une petite sieste, je me remets en route, grimpant sous forêt jusqu’à la croix de Boray (939 m). Je traverse quelques pierriers, des « chirats », accumulation de blocs irréguliers dus à l'éclatement de la roche granitique. Formés lors des dernières glaciations du quaternaire, entre -100 000 et -10 000 ans, les chirats sont dus à l'éclatement de la roche sous l'effet du froid. Les blocs ont ensuite été transportés sur la pente par les glaciers. Les chirats sont assez rares et caractéristiques des versants nord du massif du Pilat et de la bordure est du Massif central.
Je contourne en hauteur les Grandes Faugères, un curieux village circulaire. Je poursuis mon itinéraire en descente régulière dans un milieu ouvert où paissent vaches, moutons, chèvres et chevaux. Débouchant sur les hauteurs de Satillieu, suite à un balisage défectueux, je m’égare en traversant les premiers hameaux ; j’effectue un détour de deux kilomètres avant de rejoindre le centre de la bourgade de Satillieu, dans la vallée de l’Ay.
Je rejoins Viviane, et nous gagnons à 18h le camping de la Grangeon, conseillé par le Guide du Routard. Patronne sympathique, emplacement agréable au bord de l’Ay. Vu l’avancement de la saison, nous en sommes les seuls campeurs. 

Samedi 15 octobre 2011 : Satillieu – Saint-Victor.

Au matin, les hautes branches des arbres du camping sont le théâtre des joutes verbales de deux rouges-gorges qui redéfinissent leur territoire hivernal.
A 9h40, je quitte Satillieu vers le sud, grimpant dans les faubourgs pour gagner les hauteurs.
Le GR 42 chemine avec le GR 420. Douce luminosité d’automne. Dans les haies, sittelles, grimpereaux et pinsons me précèdent en voletant entre les arbustes.


Passage à la croix de Lionnet (794 m) et descente vers le col routier de Juvenet.
Entre-temps, sur le parcours, approchant d’une maison isolée, je suis accueilli  par un concert d’aboiements. Une dame sort, je lui fais remarquer qu’il est difficile d’arriver chez elle discrètement ! Je lui demande combien de chiens elle possède : « oh, une dizaine ! » me répond-elle naturellement…
Je traverse la route du col pour grimper vers le sud jusqu’à Montplot. Hameau isolé perché à l’abri d’une crête, anciennement ruiné, il a été complètement rénové. Après avoir franchi  la crête (813 m), l’itinéraire se poursuit sur le versant sud essentiellement sur route carrossable. Je perds du temps à vérifier mon parcours à cause d’un balisage incertain, et au prix de quelques allers-et-retours je débouche sur Saint-Victor à 13h30, en retard sur mes prévisions.
C’est trop tard pour manger au restaurant comme nous l’avions envisagé. Nous décidons de rentrer directement à la maison.

Vers 14h30, nous sommes de retour à Saint-Apollinaire-de-Rias, où nous habitons depuis janvier.

*****

Dimanche 13 novembre 2011 : Saint-Victor – le Grand Pont.

A partir de Saint-Victor, le GR 42 et le GR 420 vont traverser un plateau entaillé par les ruisseaux affluents du Doux, sur des hauteurs s’abaissant peu à peu de 600 à 400 mètres d’altitude.
C’est une belle journée d’automne. A 10h30, je m’éloigne du village par le cimetière et m’engage sur le plateau dans un paysage ouvert, le plus souvent sur des petites routes. Brève incursion dans une forêt de châtaigniers où résonnent les aboiements des chiens de chasse. Champignons en grand nombre et bogues de châtaignes au sol.
Nous sommes dans la zone AOC de la châtaigne d’Ardèche. Cette reconnaissance, depuis 2006, apporte une garantie de qualité et d’origine pour un fruit issu du savoir-faire traditionnel des castanéiculteurs ardéchois.
J’atteins la ferme-auberge du château de Corsas, actuellement fermée ; j’enjambe le ruisseau de Jointine sous le barrage d’un lac-réservoir, traverse le village d’Etables pour rejoindre à midi Viviane sur une hauteur dégagée, face à un verger.
Je reprends mon trajet à14h, contourne le château de Trollat, descends en forêt pour traverser par une passerelle le ruisseau de Beauze. Je remonte sur le plateau, gagne un lotissement et emprunte une route départementale fréquentée. Le sentier blanc et rouge, pas très bien balisé, se poursuit sur une route de crête aux horizons dégagés. Une variante se dirige à l’est vers Tournon, dans la vallée du Rhône, tandis que l’itinéraire principal se poursuit au sud sur la crête, dominant le cours du Doux. Après le hameau du Vitrier, il plonge en un beau sentier forestier en grands lacets raides. Face à moi montent trois vététistes qui devront mettre pied à terre vu la rudesse de la pente. Au débouché d’un ravin, dans un lacet, un ruisseau tombe en cascade et forme une petite vasque.


A 16h30, je débouche dans la profonde coupure du Doux, au Grand Pont, à la latitude de Tournon-sur-Rhône. Viviane s’apprêtait à venir à ma rencontre, mais dans une fausse direction. Ainsi pas de danger de se retrouver…

*****

Mardi 12 juin 2012 : Le Grand Pont – Saint-Romain-de-Lerps.

Arrivés vers 13h avec notre nouveau fourgon Fiat Ducato aux abords du Grand Pont, Viviane et moi  mangeons sur place dans le camping-car. Le temps est instable : alternance d’ondées et de soleil.
A14h, je m’engage sur le Grand Pont, vieil édifice à voie unique qui enjambe le Doux. Je dois me réfugier dans des renfoncements du parapet pour laisser le passage aux camions.
De l’autre côté de la rivière, sur la rive droite, le sentier s’élève en forêt, dominant en balcon le Doux puis, avant sa confluence, le Duzon que l’on n’aperçoit que rarement à la faveur de trouées dans le feuillage. Les digitales pourpres  fleurissent sur les talus. De temps en temps, une petite ondée se manifeste, qui ne suffit pas toutefois à me faire revêtir la veste de pluie : cela me vaudra un rhumatisme à l’épaule qui se rappellera à moi dans l’après-midi....
Après la Grange de Vaure, l’itinéraire grimpe en lacets sur un plateau, atteint une route et gagne l’intersection de la croix de Corps que rejoint la variante en provenance de Tournon.
Le soleil prédomine maintenant. Le GR 42 et le GR 420 suivent la route vers le sud et contournent le village de Plats. La route du plateau domine la vallée du Rhône. Plus loin à gauche, les GR empruntent un chemin qui monte à travers bois et rejoint une crête qui mène à la chapelle du Pic (649 m), à l’entrée nord de Saint-Romain-de-Lerps. Ce village offre un grandiose belvédère sur la vallée du Rhône. A 18h, je retrouve Viviane stationnée devant l’église.

Nous allons passer la nuit au camping de la ferme de Simondon, près de Plats : magnifique panorama sur la vallée du Rhône et les Alpes, embelli par un superbe arc-en-ciel intégral.

Mercredi 13 juin 2012 : Saint-Romain-de-Lerps – la Croix-Saint-André.

Alors qu’une bretelle se dirige vers Saint-Péray dans la vallée du Rhône, l’itinéraire principal oblique vers l’ouest. Après que Viviane m’ait déposé devant l’église de St-Romain, je m’aperçois que j’ai oublié mes bâtons de marche dans le fourgon.
Je m’engage à travers prés vers le col de Gazareau, dans un milieu ouvert de prairies. Je chemine sur une ligne de crête avec vue à l’est sur la vallée du Rhône comme fil rouge. Puis le sentier s’abaisse en deux larges boucles vers le ruisseau de l’Ozon qu’il me faut enjamber en sautillant sur des pierres dans le cours d’eau.
Remontant par un chemin forestier, je rencontre un vieux monsieur à la recherche de champignons. Sa récolte semble fructueuse : cèpes et girolles garnissent son panier. On discute quelques minutes. Il m’apprend qu’il a « fait » le chemin de Compostelle…
L’itinéraire sort du bois. Après le hameau d’Antoulin, il traverse des prés et des cultures et atteint le col de Leyrisse. C’est la période de la fenaison. Un paysan arpente sur son tracteur des prés pentus. Le col de Leyrisse (585 m) est situé sur la D533 très fréquentée, entre Valence et Le Puy, à l’intersection de la D14 qui mène à Vernoux-en-Vivarais.
A midi, nous mangeons sur place dans le camping-car.

Je reprends vers 13h30 (avec mes bâtons) le parcours qui s’infléchit bientôt dans les prés, délaissant la bretelle qui part vers Alboussière. Une plaque commémorative rustique en plein champ rappelle que le 8 juillet 1709 a eu lieu ici le combat de Leyrisse, opposant les camisards protestants aux troupes de Louis XIV. « Les camisards d’Abraham Mazel face aux troupes royales luttèrent avec courage pour la liberté de conscience. Cette liberté fondamentale ne fut acquise qu’en 1789 avec la Révolution. » dit la plaque du Patrimoine huguenot d’Ardèche. Après la révocation de l’édit de Nantes en 1685, la révolte des camisards dura de 1702 à 1710, dirigée par des chefs populaires tels Jean Cavalier et Abraham Mazel. 


Le sentier se poursuit sur la crête du serre des Fayolles et rejoint la D14 au col de Ponsoye. Il emprunte alors un ancien chemin qui mène au lieu-dit Cerisier puis à la ferme Robert. A partir de là, il gravit sous forêt le serre de Fiole Bise jusqu’à l’altitude de 707 mètres. Ce parcours permet de larges points de vue sur le village de Boffres, au cœur d’un plateau frais et riant, couvert de cultures, de vergers, de prairies et de bois de châtaigniers. Le sentier se stabilise à altitude constante, franchit un petit col. Je croise un couple qui randonne avec un âne et un chien.
J’atteins alors vers 16h le col de la Croix-Saint-André où je rejoins Viviane.

*****

Mercredi 7 novembre 2012 : La Croix-Saint-André – Saint-Laurent-du-Pape.

A 13h45, départ de la Croix Saint-André, où m’a déposé Viviane.
Le sentier grimpe vers la crête et atteint à 763 m le serre de Lierne. Le GR 42 se sépare du GR 420 mais rejoint le GRP Tour du pays de Vernoux.  Ensemble, ils cheminent  en bordure du plateau de Vernoux. La vue est dégagée à l’ouest sur le plateau, et à l’est sur la vallée du Rhône dans le lointain. Ils s’engagent en forêt sur le large chemin de crête du serre de Barrite. A un col près du lieu-dit Font Limouse, le GR 42, laissant le GRP se diriger vers le col de la Mure, effectue un crochet vers l’est. Il s’abaisse en forêt par la ligne de crête de Charbonnier et débouche sur les prairies du col de Gilhac (519 m).
Délaissant la bretelle de Saint-Péray, le GR 42 s’engage au sud vers le château en ruine de Pierre Gourde. Ce château date du XIIIe siècle et fut utilisé comme carrière de pierre après son abandon au XVIIe. La forteresse n’est plus qu’une ombre mais les panoramas délivrés tout autour sont merveilleux sur le Vercors, les vallées du Rhône et de l’Eyrieux.
Il me reste maintenant à dévaler la corniche de l’Eyrieux, d’abord à travers des landes puis des pins sylvestres et des chênes, dans une forêt d’automne sous les derniers rayons du soleil.
Je débouche à 17h30 dans la vallée de l’Eyrieux, à Saint-Laurent-du-Pape.

Lorsque nous nous sommes rejoints, Viviane et moi, cherchant un endroit pour dormir, nous nous dirigeons vers Valence et arrivons de nuit dans un camping de la ville.

Jeudi 8 novembre 2012 : Saint-Laurent-du-Pape – Saint-Julien-en-Saint-Alban.

L'Eyrieux, affluent rive droite du Rhône, prend sa source sur les hauts plateaux des monts du Vivarais, près du lac de Devesset à 1100 mètres d'altitude.
Ce matin, je franchis le pont sur l’Eyrieux. Je rejoins l’assise d’une ancienne voie de chemin de fer que j’emprunte pendant quelques kilomètres parmi les buis et les acacias, au flanc de la vallée.
J’entame ensuite une longue montée vers la crête. Une pancarte signale une chasse en cours. Effectivement, on entend des coups de feu dans le coin, et des voitures de chasseurs sont garées ça et là. La montée est un peu pénible, toute en trompe-l’œil : chaque fois que je crois avoir atteint la crête, un faux plat cache une nouvelle grimpée…
J’atteins le serre qui sépare la vallée de l’Eyrieux de la dépression de l’Ouvèze.
Au milieu des prairies, je marche sur la route de crête jusqu’à la cote 517.  A l’extrémité orientale du massif des Boutières, le GR effectue une brève incursion dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche en pénétrant sur le territoire de la commune de Saint-Cierge-la-Serre.
Après avoir quitté la route, je suis surpris par une laie flanquée de ses quatre marcassins, qui déboulent devant moi, traversent le chemin et s’enfuient dans les fourrés en contrebas. Je gagne le hameau de Champ Riond et, par une belle descente dans les châtaigniers, je débouche sur la route départementale qui monte à Saint-Cierge.
Dans un virage un peu plus loin, hors GR, je retrouve Viviane. Après le repas, je prends le temps d’une petite sieste avant de repartir pour une heure de marche.
L’itinéraire poursuit sa descente parmi une belle forêt de chênes et de pins sylvestres puis atteint un hameau en lisière. Il chemine alors en milieu ouvert, franchit le ruisseau de Servouans et se dirige au milieu d’un vignoble de Côtes-du-Rhône vers la vallée de l’Ouvèze, pour atteindre la grande route qui traverse Saint-Julien-en-St-Alban.

Nous roulons jusqu’à Cruas pour y trouver un camping ouvert où nous nous installons vers 16h30.

Vendredi 9 novembre 2012 : Saint-Julien-en-Saint-Alban – Bressac.

A 9h30, je franchis le pont sur l’Ouvèze. La route monte au hameau de Saint-Alban. Je passe à côté d’une belle maison rénovée dont malheureusement le propriétaire se croit obligé de signaler qu’ « ici habite un supporter de l’Olympique lyonnais » !
La route continue à grimper en lacets jusqu’au col de Linte. C’est ici le plateau des Gras, constitué par une juxtaposition de bancs calcaires d’âge jurassique supérieur. Ces calcaires gris ont été exploités dans une dizaine de carrières au XIXe siècle, comme pierre de taille.
La journée est ensoleillée, d’une grande douceur. Vue panoramique sur le Vercors, le Diois et notamment les Trois-Becs. Le va-et-vient de la factrice entre les maisons isolées du plateau rythme la marche.
La végétation change. Le GR chemine parmi les chênes verts, les genévriers et les buis, dans une végétation jaunissante d’automne.


Le sentier descend doucement vers la vallée de la Payre, débouche dans une campagne parsemée de hameaux. A l’église de St-Symphorien, je retire mon sweet-shirt à longues manches et range mes bâtons de marche sur le sac à dos. Je franchis la Payre et j’atteins Brune.
Le reste du parcours va se dérouler sur le bitume dans la plaine, d’abord le long de la D22 puis sur de petites routes qui traversent des hameaux. Le GR 42 atteint maintenant les contreforts du plateau du Coiron. Beaucoup de maisons sont bicolores : pierres basaltiques noires du Coiron et calcaire gris du plateau des Gras.
J’aperçois de loin le Ducato, garé sur une petite route à l’entrée de Bressac (commune de Saint-Lager-Bressac). Il est 12h, le ciel commence à se couvrir et le vent se lève. On songe à rentrer à la maison…

*****

Mardi 4 juin 2013 : Bressac – Meysse.

De retour à Bressac, je traverse le hameau à 15h.
Au sud de Richard commence un chemin qui s’élève en forêt et domine la vallée du ruisseau de la Charavanne. Traversant la route de Cruas à St-Vincent-de-Barrès, il gagne la crête par la Grande Côte et pénètre en forêt domaniale du Barrès. Cette forêt domaniale fait partie d’un programme de reconstitution forestière. En 1905 ont été replantés pins noirs, cèdres, sapins et douglas ainsi que des chênes verts et pubescents, des pins sylvestres, des érables, alisiers blancs, cormiers, merisiers…  Une hêtraie originelle a été préservée jusqu’à aujourd’hui, remarquable en zone méditerranéenne. Une réserve biologique a été créée par l’ONF.
Le GR emprunte une route forestière non revêtue en direction du col de Duranne. Il atteint la cote 501. Descente en lacets, suivant la rive droite d’un ravin jusqu’à la croix de Cayrol. De ce col au flanc nord du Cayron, le chemin s’abaisse direction sud-est.
Vue sur le Rhône et les fumées de la centrale nucléaire de Cruas. Des lignes THT défigurent le paysage. Dans ma progression, je m’engage dans une fausse direction. Bizarre, le chemin grimpe alors qu’il devrait descendre vers la vallée. Demi-tour.
Le sentier passe à Chanaud, longe une réserve à lapins. Et de fait, de nombreuses entrées de terriers débouchent dans des terrains sableux.
J’arrive à Meysse, aux belles maisons en pierres basaltiques issues des coulées de lave du plateau du Coiron. Je parcours les ruelles autour de la vieille église romane où je comptais retrouver Viviane. En fait, elle m’attend à 19h sur le parking de l’église nouvelle sur la N86.

Nous allons passer la nuit au camping de Cruas où nous avions dormi le 8 novembre.

Mercredi 5 juin 2013 : Meysse – Le Teil.

A 10h, je traverse le pont sur le Lavezon et m’engage le long de la rive droite de la rivière. Au bout d’un kilomètre, les poteaux indicateurs balisés du GR invitent à poursuivre tout droit. Mais c’est une mauvaise direction. Je rétablis à la main la direction du panneau, espérant ne pas induire en erreur les prochains randonneurs. Le sentier progresse le long du ruisseau du Liaud. Au bout d’un moment, une pancarte indique « propriété privée, défense de pénétrer ». Mais c’est bon ! Il ne s’agit que d’une indication pour les voitures…
Le sentier bifurque et grimpe vers un plateau. Après le passage d’un portillon, je débouche dans les pâtures.
Je rejoins le hameau des Videaux  près duquel je retrouve Viviane. Nous mangeons dans le fourgon avec une belle vue sur le château de Rochemaure en contrebas. Château fort médiéval, perché sur une falaise, c’est un véritable nid d’aigle qui domine la vallée du Rhône.
Après le repas dans le fourgon, nous jouons à un jeu de rummikub.

Le GR 42 se poursuit maintenant dans la garrigue. Dans un virage du sentier, mon attention est attirée par le chant d’un rossignol. Plus loin, il me faut enjamber un ruisseau au passage d’un vallon frais.
Le sentier blanc et rouge  emprunte maintenant une route de crête empierrée dans une forêt méditerranéenne de chênes rouvres et verts, de buis et de genêts à balais en fleurs. Puis c’est la descente sur Le Teil. Je me trompe à nouveau de direction aux premiers lotissements. Il me faut traverser toute l’agglomération avant de retrouver le lieu de rendez-vous à l’église du faubourg de Mélas à 18h.

Nous nous dirigeons vers Viviers où nous trouvons un camping à l’entrée de la ville.